J'ai passé des années à me sentir vide. Me perdant au sein de mes observations, analyses et conjectures quelconques, j'étais le simple témoin d'une gigantesque et délirante agitation. Un mouvement continue, rythmé qui me faisait titubé sous les questions et me donnait envie d'être ivre pour accepter. Je ne voulais plus ressentir cette crosse contre mon crane. Cette crosse illogique, prétentieuse et populaire qui me chuchotait « adapte toi, sinon ce sera pire ». Vous ne voyez pas? Mais si, laissez moi vous expliquer... vous voyez sans savoir. Vous êtes dans la rue avec des amis, collègues, connaissances, potes et vous rejoignez un autre groupe de personnes que vous ne connaissez pas. Et débute une valse de gestes, de sourires, de mimes que l'on danse souvent mal . Où nos pas finissent par suivre ceux des plus expérimentés. Nous sur jouons toujours un peu nos propres attitudes en public, non? Bars. Ecoles. Restaurants. Commerces. Bus. Gares. Boulots. Ce mouvement me faisait trembler, me rendait paranoïaque, des gouttes de sueur me glissaient sur le dos. J'étais un ersatz de schizophrène, essayant de jouer le rôle principal de sa propre vie, de ne pas regarder les forces, les mouvements qui l'entouraient, de ne pas vous regarder pour vous ranger dans sa tète comme une boule de caractère déjà rencontré.